La colère au travail ... et à la maison

Nous avons tous déjà entendu parler de ce collègue qui s’énerve au volant quand il se retrouve coincé dans un embouteillage.  Et cet autre qui s’emporte devant le cuisinier qui prépare les grillades à la cantine parce que « ça ne va pas assez vite ».  Des exemples comme ceux-ci, nous en avons tous pleins la tête. Que celui ou celle qui ne s’est jamais mis(e) en colère contre les autres lève la main! Ces « autres » qui ne font pas leur boulot, qui ne respectent pas l’ordre établi, qui n’en font qu’à leur tête… Colère, colère quand tu nous tiens ! C’est bien connu, « l’enfer c’est les autres ».

Les principales raisons pour se mettre en colère au travail sont (1):

-          Être injustement traité : être critiqué, non reconnu ou non récompensé pour ses efforts ;

-          Être témoin de mensonges, négligences, vols, favoritisme ou harcèlement ;

-          Être confronté à de l’incompétence au travail ;

-          Être traité avec arrogance et mépris ;

-          Subir une humiliation devant des collègues ou des clients.

Ah ces collègues colériques ! Heureusement que c’est plus calme à la maison.  Vous rentrez chez vous le soir, fatigué(e), heureux(se) de pouvoir enfin souffler après une journée exténuante au cours de laquelle vous êtes passé(e) d’une réunion à l’autre… Vous avez fait des efforts aujourd’hui pour arriver avant le dodo des petits. Vous entrez, vous êtes accueilli par un laconique : « tu es encore en retard »…Et là, vous vous dites, ça y est, elle (il) remet ça. Vous pensez l’avoir dit dans votre tête mais votre conjoint a bien entendu ! « Quoi, je remets ça ? Je remets quoi… » Et c’est reparti pour un tour…

C’est quoi en fait, la colère ? C’est une émotion fondamentale comme la peur, la tristesse, la joie, le dégoût et la honte. La colère est souvent déclenchée par une frustration, une interférence avec les objectifs que l’on s’est fixés. C’est une réaction primaire que l’être humain utilise dès sa naissance pour assurer la satisfaction de ses besoins élémentaires. Le but de la colère est de stopper cette interférence, d’éliminer la menace qui peut empêcher la réalisation de l’objectif ou l’obtention de ce que l’on convoite. La colère se manifeste par une posture bien caractéristique : la tête est dirigée vers l’avant, le visage est rougi  par le sang qui y afflue abondamment, les membres supérieurs sont gonflés… On est prêt à l’attaque… La cocotte-minute va bientôt exploser. Le volume vocal monte crescendo, le rythme de la respiration s’accélère.

Comme toutes les émotions fondamentales, une colère « normale » débute soudainement, provoquée par une pensée ou un événement. Elle ne dure pas longtemps. Quand elle se prolonge elle se transforme en sentiment et quand elle s’installe pour longtemps, elle devient un trait de caractère et déteint sur notre personnalité. La colère nous signale que quelque chose ne tourne pas rond dans notre environnement.  Elle nous prépare au combat avec la personne responsable de notre frustration. Une expression exacerbée de la colère peut intimider l’adversaire et obtenir sa soumission.

Comment exprimer sa colère ? Avant toute chose il convient d’accepter que la vie comporte des frustrations malgré la tendance à la satisfaction immédiate des besoins à laquelle nous pousse l’économie capitaliste dont le moteur est la consommation. Se mettre en colère parce que les choses ne se passent pas comme l’on voudrait ne nous fera pas avancer. Bien au contraire, il a été prouvé que les colériques sont beaucoup sujets aux maladies cardio-vasculaires (1). Il est important d’exprimer sa colère parce qu’une colère rentrée peut nous ronger de l’intérieur. Cependant, il convient d’ajuster sa réaction à l’événement. La sagesse populaire conseille de « dormir sur un événement » pour avoir le temps d’analyser les choses en profondeur avant de réagir. Il est toutefois conseillé de ne pas attendre trop longtemps avant de réagir sur une situation qui a provoqué votre colère.

Si vous avez un tempérament colérique (2), soyez très vigilant avec des indicateurs physiologiques tels que la faim, la soif, la fatigue qui sont connus comme stimulateurs de colère. Si vous êtes dans la phase active de la colère et que  vous sentez vos pensées colériques se bousculer dans votre tête, il faut avant tout empêcher toute escalade de comportements agressifs. Pour cela vous pouvez stopper toute joute verbale, quittez le lieu de la discorde et isolez-vous le temps que « ça passe ».

L’autohypnose et la méditation sont d’une aide très importante pour quiconque désire accéder à la paix intérieure (vis-à-vis de soi-même) et à la sérénité (vis-à-vis de l’extérieur).  Elles nous permettent de vider notre vase avant qu’une simple goutte d’eau ne la fasse déborder.  Nous pouvons aussi choisir de nous faire accompagner par un coach de vie pour mieux nous connaître et travailler sur nos croyances, ces certitudes dont la violation nous met très souvent hors de nous.

Eugène Mpundu

Coach de vie

info@moncoaheugene.fr 

https://moncoacheugene.fr

Sources :

          (1) « La force des émotions », François Lelord et Christophe André, Odile Jacob 2003

 

         (2) « Exprimer sa colère sans perdre le contrôle » de Didier Pleux, Odile Jacob 2006,

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