Je vous propose ici des textes de toute sorte: des nouvelles littéraires inédites, des contes métaphoriques, des compte-rendus de lecture, des articles sur des sujets touchant au bien-être. Vous êtes invité(e)s à me laisser vos commentaires.

 

Comment influencer efficacement

Pour influencer une personne ou un groupe, pour convaincre une ou plusieurs personnes d’agir, il faut tenir compte des 6 facteurs suivants : les croyances préétablies, l’émotion, les motivations, la faculté d’action,  la curiosité et le niveau de stress.

 

Les croyances préétablies

Lorsqu’on fournit des nouvelles données à quelqu’un, il accepte rapidement celles qui confirment ses idées préconçues mais évalue d’un œil critique les éléments qui les contredisent. Le fait de fournir à une personne des informations qui ne vont pas dans le sens de ses croyances peut l’amener à brandir de nouveaux contre-arguments qui vont la conforter dans son point de vue. Dans le monde actuel, la facilité avec laquelle nous trouvons des nouveaux arguments pour étayer nos croyances est sans précédent. Nous avons tendance à lire plus facilement les informations qui nous confortent dans nos opinions et à fuir les autres. La solution pour faire changer d’avis ? Trouver un terrain d’entente au lieu de tenter de prouver que l’autre a tort.

 

L’émotion

Les réactions émotionnelles sont une façon pour  notre cerveau de se dire qu’il se passe quelque chose de très important. L’émotion provoque la synchronisation cérébrale en attirant automatiquement l’attention  de chacun dans la même direction et en générant un état psychologique similaire qui pousse les gens à agir de la même façon dans un groupe. Susciter l’émotion chez son interlocuteur crée une synchronicité neurale qui fera que l’esprit de ce dernier va « s’apparier » au vôtre. Les émotions voyagent facilement d’une personne à l’autre en transmettant des messages importants que notre cerveau décode. L’une des façons les plus efficaces pour communiquer ses idées  est de partager ses sentiments. En exprimant nos sentiments, nous façonnons l’état émotionnel des autres et augmentons la probabilité qu’ils partagent  notre point de vue.

 

Les motivations

L’être humain est gouverné par le plaisir et la douleur. Tous nos comportements ont pour objectif de provoquer l’un et d’éviter l’autre.  Nous avons naturellement tendance  à promettre une récompense ou à agiter une menace pour pousser les autres à agir dans le sens que nous souhaitons. L’espoir d’une récompense suscite une action alors que la crainte d’une perte provoque l’inaction. Une menace est donc moins efficace que la promesse d’une récompense quand il s’agit de faire agir une personne dans le sens que l’on souhaite. Il convient de surmonter cet instinct qui nous pousse à mettre en garde au lieu de mettre l’accent sur le côté positif, sur la récompense immédiate ou à venir.

 

La faculté d’action 

La plupart des gens deviennent anxieux  et stressés lorsqu’on leur retire la capacité de contrôler leur environnement. Etre influencé par quelqu’un, c’est  donner à cette personne un contrôle sur nous-même.  Quand une personne sent qu’on affecte sa capacité d’agir, elle résiste. Une façon d’exercer le contrôle consiste à faire un choix. Comme nos propres choix sont suivis de meilleurs résultats, l’association du choix et de la récompense est tellement ancrée dans notre esprit que le choix lui-même devient gratifiant. La possibilité de choisir est perçu comme une récompense en soi. Attention cependant à ne pas donner trop d’options aux gens. Pour produire un impact, il nous faut souvent surmonter notre instinct de contrôle et proposer un choix.  

 

La curiosité

Le désir de savoir est humain. Nous sommes poussés à chercher l’information par le même principe neural que celui qui nous pousse à chercher eau, nourriture et sexe. Notre cerveau n’a pas oublié que dans des temps reculés,  l’information était nécessaire à la survie. Nous recherchons donc en priorité les bonnes nouvelles qui vont augmenter notre bien-être. Ne pas savoir permet de croire ce qu’on a envie de croire. Si la connaissance dont vous disposez peut permettre de combler le vide informatif d’une personne, mettez l’accent sur ce vide ; si elle peut aider les gens à améliorer leur environnement, expliquez clairement comment.

 

Le niveau de stress

Le stress se produit quand nous sommes menacés. C’est une réaction qui nous permet de faire face au danger pour survivre. Que nous soyons face à un lion prêt à nous dévorer ou dans un embouteillage qui va nous mettre en retard, les réactions de notre organisme sont les mêmes : augmentation du rythme cardiaque et respiratoire et réduction de l’activité des fonctions qui ne sont pas immédiatement nécessaires. En fonction de leur état émotionnel, vos interlocuteurs peuvent être réceptifs ou non à vos arguments. Pour influencer, il convient de rechercher la concordance ente les opinions que vous proposez et l’état émotionnel de l’individu qui vous fait face.

 

Une dernière chose : ces éléments sont également utilisés par les politiciens et les publicistes pour nous influencer. La victoire de Trump aux USA  et la présence de Marine Le Pen au second tour des présidentielles de 2017 en France ne sont pas dus au hasard.  

Je vous recommande vivement l’excellent livre de Tali Sharot (Docteur en Neurosciences) intitulé « Comment on nous influence » (en anglais « The Influencial Mind »). Vous pouvez également l'écouter parler de sa théorie dans une conférence TED.

 

Eugène Mpundu. 

https://moncoacheugene.fr

 

Source : Tali Sharot , « Comment on nous influence ».

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Faites demi-tour dès que possible

 « Faites demi-tour dès que possible ! ». Que celui qui n’a jamais reçu cette injonction de son GPS lève la main. Bien entendu si vous avez l’habitude de couper le son de votre GPS pour éviter des disputes avec votre conjoint qui ne rate jamais la moindre occasion de vous faire des remarques quand vous êtes au volant, vous n’entendrez pas cette injonction mais vous verrez certainement s’afficher une énorme flèche incurvée sur l’écran de votre GPS

Je n’ai pas du tout l’intention de vous faire un manuel « pour améliorer votre expérience utilisateur du GPS ». Mon propos est d’illustrer le fait qu’à l’image du GPS,  nous construisons notre réalité à partir de notre carte du monde et des images que nous avons conservées dans notre mémoire. Quand le GPS détecte que nous sommes hors de la route qu’il a calculée, il nous demande de faire demi-tour pour revenir sur le droit chemin. Il arrive aussi qu’il nous demande de rebrousser chemin alors que nous sommes certains d’être sur la bonne voie. Quand la carte de notre GPS n’est pas à jour, il peut nous arriver des déconvenues parfois très risquées. Imaginez que vous êtes dans une ville que vous ne connaissez pas et que le GPS vous fait tourner en rond car la sortie qu’il vous indique n’existe plus et qu’il n’arrive pas à calculer un nouvel itinéraire !

Nous réagissons à des évènements de la vie courante et nous prenons des décisions en nous basant sur notre représentation du contexte et de l’environnement sans parfois nous rendre compte que les choses ont évolué et qu’une mise à jour s’impose.  Nos représentations intérieures, qu’elles soient innées ou construites, déterminent nos choix de vie et nos relations.

« La carte n’est pas le territoire » est le premier présupposé de la Programmation Neurolinguistique (PNL) qui m’a séduit à mes débuts. Et je ne cesse d’expérimenter ce principe. Il m’arrive parfois de prendre ma représentation de la réalité pour LA réalité. La dernière fois que cela m’est arrivé c’était au mois de mars 2017. Je possèdais à cette époque une petite chambre de bonne dans le 18ème arrondissement de Paris. Cela faisait presque 4 années que cette pièce était vide et ma dernière visite sur place datait de 2015. Il me fallait absolument aller sur place me rendre compte de l’état dans lequel elle était. J’y suis donc allé un jour pluvieux du mois de mars. En arrivant au 5ème étage, essoufflé, je fus surpris de constater que tout avait été refait à neuf : les murs étaient repeints en blanc, le plancher du couloir était restauré, des toilettes ont été aménagées à gauche en sortant de l’escalier, juste avant l’endroit où devait se trouver la porte de ma chambre de bonne. Oui, je dis bien « devait »  car à la place de la porte de ma chambre, il y avait une espèce de plaque métallique peinte également en blanc comme le reste du couloir. Il n’y avait aucune trace de serrure sur cette plaque. La porte de la chambre d’à côté était, elle, très reconnaissable malgré sa peinture blanche.   Mon sang ne fit qu’un tour : ma chambre avait été annexée à celle d’à côté ! J’étais furieux et je bouillais de rage. Aucune trace de serrure pour introduire la clé. Je frappai à la porte de la chambre d’à côté. Aucune réponse. Il fallait que j’agisse ! Et vite. J’ai appelé la police pour m’entendre dire que la police ne pouvait intervenir qu’en flagrant délit. Et au commissariat le plus proche, il m’était impossible de déposer une plaine pour occupation illégale  car je n’avais pas mon titre de propriété sur moi.  Que faire ? Je suis retourné à ma chambre et j’ai collé un mot sur la porte d’à côté : « Je suis le propriétaire de la chambre que vous occupez. Appelez-moi de toute urgence ».  Quelques minutes plus tard, alors que j’attendais mon train à la gare de l’Est, je reçus un coup de fil d’un numéro que je ne connaissais pas. Cette personne m’indiqua qu’elle était le propriétaire de la chambre d’à côté et qu’elle ne comprenait pas de quoi je parlais. Après quelques minutes de discussion, la conclusion s’imposait d’elle-même : ma chambre n’était pas « squattée ». Cette personne m’expliqua qu’elle n’a jamais annexé ma chambre. Elle a refait le couloir et les toilettes du palier à ses frais car c’était trop sale mais elle n’a pas touché à ma chambre. Je décidai donc d’appeler mon neveu qui avait habité la chambre en dernier et nous primes rendez-vous pour nous retrouver à Paris. Le jour dit, je me rendis à ma chambre et là, mon neveu prit la clé et ouvrit la porte. Il se fait que comme c’était une porte blindée, de l’extérieur elle a juste l’aspect d’une plaque métallique et  la serrure se trouve vers le bas de la porte. La serrure était à moitié cachée par la peinture mais on la distinguait vaguement. J’ai pu ouvrir la porte de la chambre et constater qu’elle n’était pas du tout squattée.

 

J’ai interprété les choses sur la base d’une représentation erronée de la réalité. Encore heureux que je n’ai pas pu porter plainte ! Moralité : il faut parfois mettre à jour sa carte du monde avant de prendre une décision. Mais, me diriez-vous, comment  fait-on pour mettre à jour sa carte du monde ? Vous avez certainement une idée, non ?

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Le syndrome des 4 derniers kilomètres

A un peu plus d’une semaine de mon départ pour le chemin de Compostelle par la Via Podiensis (Puy-en-Velay – Cahors), je ne peux m’empêcher de revenir sur les leçons apprises au cours de mon précédent chemin qui, en 2013, m’a conduit de Saint-Pied-de-Port au Cap Fisterra en passant par Saint-Jacques de Compostelle. Ce n’est pas qu’une question de nostalgie même si ça lui ressemble. C’est simplement que, depuis mon retour, ma carte du monde a beaucoup changé et Compostelle n’y est pas pour rien. Bien au contraire

J’ai évoqué dans un précédent article de mon blog, quelques leçons apprises sur le chemin. Je reviens ici sur l’une d’elles que j’ai nommé le « syndrome des 4 derniers kilomètres ».  Quand on effectue une longue course, que ce soit en marchant ou en courant, les derniers kilomètres semblent toujours interminables. J’ai expérimenté cela pour la première fois au cours de la marche « Nancy-Metz » à laquelle j’avais participé en 2012 en préparation de mon Chemin de Compostelle de 2013. Je n’avais jamais marché 66 km d’une traite. Beaucoup de participants ont abandonné en chemin, sujets aux ampoules et autres crampes et autres douleurs. D’autres ont choisi de continuer, pas forcément  parce qu’ils souffraient moins que les premiers même il s’en trouvait peut-être dont le niveau d’endurance faisait qu’ils parvenaient à conserver leur douleur à des seuils supportables. Une grande majorité avançait avec ses bobos. En ce qui me concerne, j’ai la chance de ne pas souffrir d’ampoules aux pieds mais une racine mal intentionnée et mal positionnée sur laquelle j’avais buté m’a saccagé le gros orteil du pied gauche avec une douleur qui allait crescendo. Durant cette marche, les 4 derniers kilomètres m’ont paru interminables. A quoi est dû ce phénomène ?

Mes lecteurs férus de psychologie ou de neurosciences sauront peut-être trouver des explications scientifiques à ce phénomène. Mon explication est la suivante: le panneau indiquant l’arrivée dans 3 ou 4 km fait naître un espoir dans l’esprit de celui qui marche ou qui court. Il se projette à la fin de ses souffrances. Dans quelques minutes ce sera la délivrance. Un petit calcul vite fait dans la tête : j’avance à tant de km à l’heure. Donc j’arriverai dans tant de temps. Mais hélas, il se produit plusieurs choses :

  •  Le marcheur ou coureur ne marche pas forcément à la vitesse qu’il croit ! Etant focalisé sur son objectif qui est de terminer sa course, il ne ressent presque plus ses douleurs mais son organisme, lui, est fatigué et ne peut plus assurer physiologiquement la vitesse du début.
  •  Le fait d’anticiper le soulagement rend l’attente d’autant plus terrible : on regarde plus attentivement tous les panneaux intermédiaires et on scrute plus souvent sa montre.
  •  Il se produit comme une espèce de « distorsion du temps » chère aux hypno-praticiens. Le temps ressenti ne correspond plus au temps réel. C’est le résultat d’une transe induite par les mouvements du corps qui se meut automatiquement et le cerveau qui n’arrive plus à mouliner comme il faut. 

Ce qui se produit dans une situation de course ou de marche peut également arriver quand on se fixe un objectif dans la vie. Après avoir fourni un effort intense et qu’on se sait proche de l’objectif, on peut devenir impatient et pester contre le temps qui s’allonge. On a parfois l’impression que l’objectif nous nargue en s’éloignant. On regarde plus souvent le calendrier au fur et à mesure qu’on se rapproche de la « deadline ».  Et enfin, on arrive au  bout. Mais est-ce vraiment le bout ?

En mai 2012, à la fin de la marche Nancy-Metz que j’ai effectuée en 12 heures, j’ai souffert énormément pour aller du point d’arrivée de la course jusqu’à ma voiture qui était garée dans un parking à 200m de là. J’avais le corps complètement endolori. Et une fois dans la voiture, ce n’était pas fini. Il fallait  conduire jusqu’à la maison ! 

Comme quoi, ce qu’on croit être l’objectif n’est peut-être que l’arbre qui cache la forêt ! 

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Pose ton sac, Isaac

J’ai appris beaucoup de choses sur le Chemin de Compostelle en 2013. J’avais fait le choix de partir seul, de porter mon sac jusqu’au bout,  de dormir dans les dortoirs communs des « albergues » et de manger comme tous les pèlerins.  J’étais parti seul mais j’ai marché en compagnie des personnes de différentes nationalités.  Avec ces compagnons de route occasionnels, la question « brise-glace » était toujours la même : d’où viens-tu ?  Cette simple question contenait en fait plusieurs tiroirs et pouvait signifier à la fois de quelle étape viens-tu, de quel pays, de quelle ville etc… Personnellement j’avais régulièrement droit à la sempiternelle  rengaine : et c’est quoi ton pays d’origine ? Bref, passons. Ce n’est pas le propos de cet article. Le fait de vivre certaines expériences physiquement permet de les transposer plus facilement dans la vie de tous les jours.

 Les affaires encombrantes et inutiles

Dans beaucoup d’auberges du Chemin, il y avait des grands cartons dans lesquels les pèlerins déposaient les affaires qui encombraient inutilement leur sac à dos. Au fil de la marche, les épaules sont là pour nous rappeler que chaque gramme compte.  Et d’étape en étape on s’allège pour finir léger et libre, libéré de toutes ces choses superflues qu’on croyait indispensables.

Et si je posais mon sac ?

Sur le chemin, on traverse parfois des villes riches en histoire, en architecture etc… On marche à travers des paysages beaux à vous couper le souffle. On peut choisir de ne pas s’arrêter pour ne pas perdre du temps et arriver parmi les premiers à l’auberge pour choisir son lit. On peut aussi prendre quelques minutes pour admirer ces paysages et visiter ces belles églises ou autres édifices avec son sac sur le dos. Et si on posait simplement son sac ? Le simple geste de défaire la sangle abdominale, de se dégager du sac d’un mouvement d’épaule et de le poser par terre constitue un début de bonheur ! Bonheur que vient couronner le sentiment de liberté que l’on ressent. On sent un frisson de liberté qui descend des épaules jusqu’aux hanches pour se terminer aux chevilles. Et brusquement, le paysage, l’édifice que l’on admire prend une toute autre dimension. Comme si, en posant son sac, on a revêtu des lunettes qui nous transporte dans une réalité augmentée. Il n’y a plus qu’à jouir du spectacle en ayant reposé ses épaules, ses hanches et ses chevilles. Bonheur, liberté, beauté…

Le syndrome des trois derniers kilomètres.

Les trois derniers kilomètres avant d’atteindre l’étape du jour étaient souvent les plus durs. Imaginez : vous avez marché pendant une vingtaine de kilomètres sur un chemin encore imbibé de la pluie de la veille, avec des petites montées glissantes et des descentes périlleuses. Le soleil commence à se montrer coriace. Vos épaules et vos jambes vous envoient des « sms » pour vous demander : « quand est-ce qu’on arrive ? ».  Et vous voyez un petit panneau «  Albergue 3 km ».  Sauvé ! Quoi ? Sauvé ? Mon œil !  Ces trois kilomètres vont être les plus longs de votre vie. Plus longs que les vingt que vous venez de parcourir. Vous marchez, enfin content d’arriver. Vous marchez encore et encore. Ah, un panneau. Vous vous approchez : «  Albergue 2,5 km ».  Et oui ! Vous n’avez marché que 500 m. Et là, vous avez besoin de rassembler toute l’énergie qui vous reste pour  venir à bout de ces 2,5 km. Peut-être fallait-il ignorer le panneau et continuer comme si de rien n’était ?

 

 

Eugène Mpundu, Coach de vie. 

+33 7 89 84 21 12

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Un, deux, trois: fermez les guili-guilis

L’été dernier, j’avais passé trois semaines dans un endroit magnifique, un petit golfe au nord d’Ajaccio. Un endroit paradisiaque, encore préservé du tourisme de masse mais pour combien de temps encore ? Dieu seul le sait. Tous les matins, j’allais méditer au bord de la mer, sur un rocher, dans un coin pas très fréquenté. Perché sur ce promontoire, je me sentais bien. J’adorais la sensation des vagues qui venaient me lécher les pieds tout en me caressant les oreilles avec leurs grondements d’intensité variable. Et la vue de la mer induisait en moi une transe qui me permettait de m’évader.

Parmi les personnes qui ont partagé avec moi ces quelques jours, il y avait ma filleule de 6 ans et demi. Comme tous ceux qui ont eu des enfants peuvent l’imaginer, elle était à fond dans sa période des « pourquoi », « c’est quoi » etc… Ma filleule est très chatouilleuse et les séances d’application de crème solaire se transformaient très vite en parties de rire. « Tu me chatouilles ! » répétait-elle à sa mère. Et bien entendu, sa mère réagissait en lui faisant des guili-guili. Et pendant ce temps-là tout le monde attendait pour aller à la plage. « Tout le monde » c’était en fait ma femme et moi. Un jour, impatiente de partir à la plage, ma femme lança à ma filleule : « tu n’as qu’à demander à ton parrain comment on ferme les guili-guili ». Et la gamine se tourna vers moi : « Tonton, c’est vrai que tu peux fermer les guili-guili ? ».

C’est ainsi que j’ai dû faire la démonstration de ce talent qui étonnait tant mes enfants quand ils étaient jeunes. Etant très chatouilleux, généralement, je ris avant même que l’on ne me touche. Dès que je décide de « fermer les guili-guili », je ne ris plus. Ma filleule était épatée. En fait, le jeu consistait à annoncer la couleur : « attention je ferme les guili-guili » ou «c’est bon, c’est ouvert ». Quand je relâchais les guili-guili, je riais à ne plus pouvoir m’arrêter. « Tonton, est-ce que tu peux m’apprendre à fermer les guili-guili ? ». Comment ne pas satisfaire une telle demande, faite avec cette voix mielleuse et dégoulinante que savent prendre les petites filles de six ans et demi quand elles veulent obtenir quelque chose ?

Pour fermer les guili-guili, il faut se concentrer, prendre une très profonde inspiration, expirer et penser très fort : « je ferme les guili-guili ». Après plusieurs tentatives infructueuses, ma filleule a réussi à le faire. Elle était très fière d’elle et en faisait la démonstration aux nouvelles copines qu’elle s’était fait à la plage. Bien entendu, quand les guili-guili étaient ouverts, elle théâtralisait un peu son rire.

Mes lecteurs qui pratiquent la programmation neurolinguistique ont déjà trouvé ce qui se cache derrière ce phénomène. S’agirait-il d’une dissociation entre le toucher et la réaction qu’il est censé produire ? Personnellement, je l’assimile à de l’autohypnose. Je coupe le lien entre la perception du guili-guili et le rire qui en découle généralement. Ou plus simplement, je fais comme si je ne sentais rien.

Une chose est sûre : si vous jouez à ce jeu avec vos enfants ou vos petits-enfants, le succès est garanti !

Alors ? Qu’est-ce que vous attendez ?

 

Eugène, Coach de Vie.

 

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