Les distorsions cognitives, ces ennemis qui nous veulent du bien !

Photo by Austin Distel on Unsplash
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« Mon collègue de bureau est soucieux depuis quelques jours. Il n’est pas comme d’habitude. Il ne vient plus au coin café avec tout le monde. Il y va en décalé et s’y retrouve tout seul. Le matin, il fait sa tournée de bises et de poignées de main comme l’exige l’usage ici dans notre entreprise mais on sent bien qu’il ne va pas bien.  Lui qui aime bien « claquer » ses bises, il se contente de tendre la joue. Et ses poignées de main sont molles et humides. Je n’ose pas lui demander ce qui ne va pas. Je suis sûr qu’il va m’envoyer bouler. L’état de santé de son petit dernier qui était malade la semaine dernière a peut-être. Ou peut-être sa compagne qui doit faire encore des siennes, elle qui refuse d’aller sceller leur union devant monsieur le maire malgré leurs dix ans de vie commune et la naissance du petit il y a cinq ans. Non, je ne vais rien lui dire, je vais attendre qu’il vienne me parler ! Si ça se trouve, c’est à moi qu’il en veut à cause du projet PIGALE15. Il n’a peut-être pas digéré le fait de ne pas être affecté sur ce projet phare… Je suis sûr qu’il nous couve un burn-out ! » 

Ami lecteur, que vous inspire ces pensées ? Le titre de cet article vous a certainement mis sur la piste. Il s’agit d’une distorsion cognitive. Selon Berk, le père  de la psychothérapie cognitivo-comportementale, les distorsions cognitives sont des façons de traiter l'information qui résultent en erreurs de pensée prévisibles ayant souvent pour conséquence d'entretenir des pensées et des émotions négatives.  Elles sont souvent à la source de dépression et d’anxiété. Elles nous empêchent aussi parfois d’avoir des relations harmonieuses avec notre entourage familial, social ou professionnel.

Berk a identifié six distorsions cognitives (source : http://www.psychomedia.qc.ca) :

La pensée « tout ou rien » ou « noir ou blanc » : Penser de façon dichotomique (polarisée) sans nuance : tout ou rien, noir ou blanc, jamais ou toujours, bon ou mauvais…. Il n'y a pas de place pour le gris. Par ex., se voir comme un raté suite à une mauvaise performance. Cette distorsion est souvent présente dans le perfectionnisme.

L'inférence arbitraire (conclusion hâtive) : Tirer des conclusions hâtives (habituellement négatives) à partir de peu d'évidence. Par ex., la lecture de la pensée d'autrui consiste à inférer les pensées possibles ou probables d'une personne ; l'erreur de prévision consiste à prendre pour des faits des attentes sur la tournure des événements.

La sur-généralisation : Tirer une conclusion générale sur la base d'un seul (ou de quelques) incident(s). Par ex., si un événement négatif (tel qu'un échec) se produit, s'attendre à ce qu'il se reproduise constamment.

L'abstraction sélective (ou filtre) : Tendance à s'attarder sur des détails négatifs dans une situation, ce qui amène à percevoir négativement l'ensemble de cette situation.

La dramatisation et la minimisation : Amplifier l'importance de ses erreurs et ses lacunes. Considérer un événement désagréable mais banal comme étant intolérable ou une catastrophe. Ou, au contraire, minimiser ses points forts et ses réussites ou considérer un événement heureux comme banal.

La personnalisation : Penser à tort être responsable d'événements fâcheux hors de son contrôle ; penser à tort que ce que les autres font est lié à soi.

 Que faire quand vos pensées commencent à partir en vrille ? Prendre deux ou trois respirations profondes et diriger le projecteur de son esprit sur autre chose.  C’est l’occasion de pratiquer une petite méditation courte sur la respiration. Elle dure 10 minutes et peut se pratiquer dans la salle « zen » de votre entreprise pendant la pause de midi ou par beau temps dans le parc attenant à lieu de travail, ou peut-être aussi dans les transports en commun. La méditation de pleine conscience aide à se libérer de ses distorsions cognitives qui finissent par faire notre malheur même si au départ elles sont là pour « compenser » un manque… Je partagerai dans un prochain article les questions à se poser quand on se surprend en pleine distorsion cognitive. Et attention ! Les distorsions cognitives sont très souvent à l’origine de croyances limitantes qui nous empêche d’aller de l’avant !

Eugène Mpundu, Coach de Vie.

 

info@moncoacheugene.fr

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